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lundi 9 juillet 2012

Il y a



Les mots les plus simples sont les plus beaux et les plus forts.

15- jours sans écrire un mot.
Mais aujourd’hui je me sens seul. Vide, livide et transparent. Invisible.
     IL Y A ce bilan involontaire que j’ai fait et que j’ai appelé le quadruple échec. «Là je décide de me poser, me retourner quelques secondes pour essayer d’analyser». J’ai appris que le fait d’être confient ou non, d’y croire ou non, de se donner à fond ou non, de le mériter ou non, de le vouloir ou non, d’en avoir besoin ou non, tout ça n’a strictement rien à voir avec le résultat. J’y croyais mais n‘étais pas confient, je le voulais, m’étais donné à fond, j’en avais besoin, et j’estime que je le méritais mais premier échec. Je n’y croyais pas, le voulais sans vraiment me donner les moyens, et je n’ai aucune idée quant à la question du mérite mais échec, bien que partiel je vous l‘accorde. J’y croyais et était confient, je ne me suis pas donner à fond car j’estimais ne pas en avoir besoin tout comme j’estimais le mériter et j’en avais un besoin, bien que pas vital, mais échec. Après le bilan de ces trois échecs, un quatrième m’est apparut. Un auquel je n’ai cessé de croire, pour lequel j’ai eu l’impression de me donner, du moins de chercher, de forcer les choses plus d’une fois, je ne sais pas si je le mérite, mais je sais que je le veux et que j’en ai besoin, surtout en ce moment, mais peu importe, ce fut mon quatrième échec de cette année. Pour mes buts à atteindre cette année, hip hip hip ? Echec.
     IL Y A cette sensation d’addiction qui m’envahie. Le poison qui coule dans mes veines, que je sent s’emparer de moi, en restant impuissant, soumis. Cette drogue dont j’ai besoin, qui bien que physiquement inoffensive m’est mentalement destructrice. Ce portrait d’une utopie qui me fait miroiter un idéal tout en creusant un vide entre lui et ma réalité. Non, pas un vide. Un gouffre. Et chaque dose m’éloigne de lui. Et chaque dose m’est de plus en plus importante. Et chaque dose me tire de plus en plus vers la suivante. Heureusement que ce cycle à une fin. Plus vite j’y serais, plus vite le problème sera réglé. Je pensais avoir évolué pour ne plus succomber à ce genre de chose. Mais je m’étais trompé, une fois de plus. Je pensais vraiment m’être sorti de tout cela, d’être plus ou moins bien dans mes pompes et pouvoir à présent évoluer comme ça. Je remarque que c’était faux et que je suis encore bien loin de ceci. Serais - je un jour assez réaliste et satisfait pour être heureux dans la vie qui m’est donnée ? 
     IL Y A ce garçon, qui m’intrigue. Bien que virtuel et probablement imaginaire, il me fait bien trop réfléchir. Je n’arrive pas à me prononcer, pourquoi a - t - il une telle emprise sur moi ? Suis - je amoureux ? Se serait stupide. Mais ce ne serai pas la première fois que cette situation improbable se produirait. L’avantage à être amoureux de quelque chose qui n’existe pas. C’est qu’on ne doute pas de la réalisabilité de la chose. On est fixé dès le départ. Quoiqu’après quelques secondes de réflexion, ce n’est pas forcément un avantage. Cela peut se révéler être une source de douleur supplémentaire. Ou peut être, seconde hypothèse, est - il l’une de mes représentations de la perfection est s’attire donc ainsi toute mon admiration. Vous ne pouvez même pas vous imaginez à quel point je me sens ridicule en relisant les lignes que j’écris. Mais j’ose croire au pouvoir de l’écriture, alors je ne m’arrête pas. Je reprends. Dans ce deuxième cas, je serais en telle admiration devant lui que je chercherais toutes nos différences, et plus j’en trouverais, plus je me sentirais m’éloigner de la même perfection qu’il incarne. Cependant, quelques lignes plus haut, j’ai écris « l’une de mes représentations de la perfection » ce qui sous entends que je peux tout à fait m’éloigner de la sienne tout en me rapprochant d’une autre. Mais je n’arrive pas à croire à cette option. Dans n’importe quel de ces deux cas, si je devais le décrire je dirais simplement qu’il est beau et gentil. Des adjectifs bateaux, qui sont connus par les plus jeunes des les premières années d’école, mais qui, je trouve, prennent tout leur sens bien plus tard. Quand on les rencontres vraiment sous leur forme la plus pure. Donc voilà, je le trouve juste beau et gentil. Je pourrais rajouter magnifique, merveilleux, envoûtant, adorable, parfait et bien d’autre mais ce serait sur joué pour celui dont je parle. Car en plus d’être beau et gentil, il est simple. Que je l’aime ou que je l’idéalise, même si je pencherais plus vers le second et bien que la limite entre les deux doit être mince, il représente une chose précieuse, s’approchant à mon sens de la perfection. Il incarne donc celui que je voudrait être pour être enfin heureux et fier de moi. Serait un jour capable de lutter contre mon perfectionnisme qui je le trouve, prends des allures de trouble obsessionnel ?
     IL Y A le fait que je ne sais pas qui je suis. Comment se connaître ? Comment savoir qui l’on doit être ? Pour s’accepter, il faut savoir ce que l’on est. Mais si en cherchant qui l’on est, on trouve des choses que l’on ne peut pas et ne pourra jamais accepté ? Faut - il vouloir être quelqu’un d’autre ? Non évidemment, bien que ce soit ce que la plupart d’entre nous désire, ce n’est pas la solution. J’ai, comme beaucoup, succombé à la tentation de vouloir être cette autre personne (c’est d’ailleurs marqué quelques lignes plus haut…). Je ne pense pas que ce soit une solution de facilité, car ça fait mal. Très mal. Trop mal pour être une solution acceptable. Et puis, rêver d’être quelqu’un d’autre ne nous aide en rien à être fier de nous, bien au contraire. Et pourtant, c’est si tentant. Être fier, content de soi, conscient de nos qualité tout comme de nos défauts et tenter de les corriger, c’est ça la vraie solution. Mais le fait de connaitre ses défauts nous pousse obligatoirement à les travailler. Et travailler ses défaut, n’est - ce pas la même chose que vouloir être quelqu’un d’autre ? Doit on assumer ses défauts sans rien y faire ? Les deux cas sembles être de mauvais choix. La solution serait donc de ne pas en avoir bien sûr. Je ne sais plus comment faire, comment me comporter vis-à-vis de moi-même. Je me trouve des tonnes de défauts, bien que certains soient subjectifs, il n’empêche que pour moi, ils représentent chacun une barrière à la satisfaction d’être la personne que je suis. Comment être heureux en ne voyant que les défauts en nous regardant dans un miroir ? Je donnerais beaucoup pour faire l’expérience une seule fois de se lever un matin, de se regarder dans un miroir et de se sourire à soi - même parce qu’on est content de ce qu’on y voit. Serais - je un jour capable de sourire à mon reflet ?
     IL Y A que dans les moments de doutes comme celui - là d’autres choses me rattrapent, comme la conscience que le temps passe et que rien n’est rattrapable, que de nombreuses personnes que j’aime et qui compte vont suivre leur route et que nos chemins vont inexorablement s’éloigner et ne plus jamais se recroiser pour certains. Je réalise qu’une vie est trop courte pour faire tout ce que j’ai envie de faire et j’en arrive à comprendre les fous qui tentent de repousser les limites de la Nature en voulant maîtriser le temps ou la vie. Je me rends compte que le temps passe et que les gens vieillissent se rapprochant du paradis. Je me demande si j’y crois d’ailleurs ? Je pense que sans y croire, je vivrais dans la peur. La peur de na pas avoir le temps de finir ce que j’entreprends, la peur de l’après, la peur de l’inconnu. Alors je préfère y croire, pour me laisser espérer une seconde chance. Aurais - je un jour cette seconde chance ?
     IL Y A que j’ai l’impression qu’en dévoilant tous ces doutes, les gens changeront d’avis sur moi. J’ai peur qu’ils découvre ou retrouve un facette de ma personnalité que je croyais enterrée. Comme si je devenais quelqu’un d’autre. Mais quelqu’un de moins bien, pas la personne que l’on veut devenir. Je pense, du moins j’ose espérer que c’est faux, mais premièrement c’est la sensation que j’ai et deuxièmement, on ne sait jamais. Tant de gens changent, et moi le premier. Mais pas assez à mon goût. Je suis encore bien trop loin de ce que je convoite. Des progrès certes mes encore insatisfaisant. Et si tout ces progrès s’envolaient en cette instant de doutes ? Et si je repartais un an en arrière ? Parce que je me sens autant perdu et aussi mal qu’il y a quelques mois. Qui pourraient d’ailleurs faire un an. Ou plus. Serais - je un jour capable de laisser tous ces doutes chroniques définitivement derrière moi ?
     IL Y A que l’an prochain est un nouveau départ, et que j’ai peur de ce que je vais y trouver. Non que ça se passe mal, mais que mes attentes ne soient pas comblées. J’ai déjà, dans le passé, misé beaucoup sur un nouveau départ de la sorte et m’en suis trouvé plus ou moins déçu. Grosse déception sur les deux premières année où je voulais juste en avoir fini avec tout ça et une troisième année qui je le pensais relèverais un peu la donne. Ces jours ci me font douter de cette réelle amélioration même si avec un peu d’objectivité, oui, on peut dire qu’elle l’a remonté. Mais si je faisais la même erreur ? Si je fondais beaucoup de projets sur cette nouvelle expérience et que je m’en vois à nouveau dégouté ? Devrais - je donc partir sans espoir ? Ou prendre à nouveaux le risque de la déception multiple ? Suis - je vraiment prêt à refaire cette année à l’identique en fonçant à nouveau dans les mêmes murs ? Je n’en suis pas sûr. Refaire le même parcours ne fournira que les même souffrances. J’ai deux mois pour choisir. Serais - je un jour capable d’apprendre de mes erreurs pour en faire une arme plutôt qu’une source d’inspiration pour ce jardin secret dans lequel je suis en train d’écrire ?
Je ne suis pas vraiment sûr d’avoir fait le tour mais je pense en avoir écrit l’essentiel. Voilà ce qu‘IL Y A. Alors pourquoi répondre «Rien» lorsqu’on me demande ce qu’IL Y A ? Parce que des petits africains meurent de faim. Ridicule ? Laissez moi m’expliquez. On m’a souvent dit que j’étais bien trop gâté par la vie pour me plaindre autant. Je pensais égoïstement «chacun sa merde». Mais je pense avoir prit conscience que tout n’est pas si mal. Pour autant, tout n’est pas rose. Et quand je pense à ce qui n’est pas rose pour moi, je pense à ce qui n’est pas rose chez certains autres et me sens égoïste d’en vouloir toujours plus. Même si c’est le propre de l’Homme de repousser toutes ses limites, je m’en veux de penser ainsi. Alors je préfère me taire. Puis sans partir en Afrique, d’autre autour de moi ont certainement bien plus à se plaindre. «La conscience n’efface pas les maux»Mais ce n’est pas parce qu’on se dit que l’on n’a pas le droit de ne pas être heureux, qu’on l’est. Mais on en parle moins… Rajoutez à ça le fait que je ne sais pas vraiment mettre de mots sur tout ce que je pense et vous avez la justification de mes «Rien».
Maintenant, si vous le permettez, je vais prendre une dose.
A dans longtemps, je l’espère.
Moi