vendredi 7 juillet 2017

Avion



Seul. Vide. Encore une fois. Mais plus que jamais.

Je ne sais pas si c'est le coup de trop, je ne sais pas si c'est un coup plus fort que d'habitude. Mais c'est un coup bien plus douloureux. Je ne sais pas ce que je dois faire, je ne sais pas comment me gérer, je sais pas. Je sais pas comment je vais. Enfin si, je vais mal, mais je sais pas non plus combien je vais. J'essaye de le dire, pour voir si je suis triste mais stable, si je m'améliore ou si je coule. Si on me demande combien je vais, j'ai envie de répondre avion.

On m'a demandé si je n'étais pas amoureux de l'idée d'être amoureux. Si. C'est certain. Je le sais, je l'ai compris il y a quelques temps. C'est certainement pour ça que je rebondis aussi vite. Mais là... Là c'est différent.

J'étais pas stable, il est arrivé, m'a tout fait oublier, comme une remise à zéro. Une nouvelle chance, un nouveau départ. Du positif, enfin. Et après m'avoir remis à zéro, quand il aurait du m'aider à me reconstruire, il est parti. Je ne sais plus rien. Je ne sais plus tout ce qu'il y avait avant. Je ne sais pas vers quoi je vais ni même vers où j'aimerais aller. Je suis un CD vierge (sans jeu de mot). J'ai oublié qui j'étais et ce qu'étais ma vie avant, et c'est mieux comme ça. Mais je ne sais plus rien. Je suis un nouveau né à qui il fallait apprendre à bien faire. Mais finalement je suis un nouveau né abandonné qui va devoir s'éduquer seul. Et ça donne jamais rien de beau.

C'est brouillon, mais de toute façon, je pense qu'il faudra plus qu'un article.

J'ai peur des semaines à venir. J'espère. Toujours. Et j'ai mal. Très mal. Pour une fois j'en chie. Et plus j'en chie, plus je me dis que j'ai perdu gros. Et alors là ça fait encore plus mal.

"Est ce que pour une dernière fois
Tu pourrais me prendre dans tes bras 
Me dire que tout va bien
Que tout ira
Raconte moi des histoires
Sers nous à boire
On fera ce que tu voudras 
Mais reste là"

dimanche 11 juin 2017

Waiting



Dites-moi, j’ai besoin de savoir, dites-moi comment ça va finir. Il m’arrive de m’asseoir dans l’herbe, au bord de l’eau, de penser, de m’imaginer ce qu’il pourrait nous arriver. Et trop pleins d’hypothèses se bousculent dans ma tête sans que je ne sache vraiment laquelle privilégier. J’ai peur, en permanence. J’ai peur d’avoir mal et surtout j’ai peur de te perdre.

Peut - être un jour, sans savoir pourquoi, un dimanche soir, je te dirais que c’est la fois de trop. Sans signe annonciateur, sans pouvoir prévenir. Peut être que cette fois là, quelque chose sera cassée et que je ne pourrais plus continuer comme ça. Peut – être que je me mettrais à pleurer et que je te dirais que je ne peux plus continuer comme ça, que je dois m’effacer. Peut être on se quittera en se disant qu’on a bien profité. Ou alors on regrettera d’avoir été aussi crédules de penser qu’on y arriverait.

Peut être un jour, j’aurais envie de m’amuser aussi ou de te montrer ce que ça fait où d’aller voir ailleurs pour prendre un peu de distance par rapport à toi. Peut être que ce jour là ce sera moi qui briserais quelque chose qu’on ne pourra pas réparer. Peut – être que tu me souhaiteras d’être heureux et partira sans regretter de ne jamais avoir laissé plus de place dans ta vie. Peut – être même que tu me jetteras comme tous les autres m’ont jeté.

Peut – être qu’on va tenir un moment comme ça. Peut être que même si on sait tous les deux que cette situation ne pourra jamais tenir indéfiniment, elle tiendra plus longtemps qu’on ne le pense. Peut être que pendant que l’on pensera que cela marche, l’une de tes escapades te fera rencontrer quelqu’un qui prendra peu à peu ma place. Peut être que je t’aurais attendu pour rien. Peut – être que c’est à lui que tu feras des bisous, peut – être que c’est lui que tu prendras dans tes bras. Peut – être que sans le savoir vraiment, tu patientes juste avec moi en attendant mieux. Peut – être qu’un jour tu ouvriras les yeux et te rendra compte que je ne suis en rien pour toi et que ça ne pourrait pas marcher. Et encore une fois, tu me laisseras sur le bord de la route.

Peut – être aussi t’habitueras – tu à ce rythme de vie. Peut – être que tu voudras continuer à pouvoir t’amuser sans penser à personne, sans devoir rendre de compte et sans te poser de question. En même temps je ne pourrais m’en prendre qu’à moi – même… Cette situation est idéale pour toi. Généralement ce qui manque dans les périodes de célibat, c’est d’avoir des câlins, de la tendresse, de l’affection, d’avoir quelqu’un qui ne nous dit pas « non désole je vois quelqu’un d’autre ce soir » ou « non désole ça sert à rien qu’on se voit j’ai pas envie de baiser là ». C’est ça qui manque, c’est ça qui fait qu’au bout d’un moment on veut se poser et trouver son câlineur personnel. Alors que moi je te donne tout ça… mais en te laissant faire ce que tu veux par ailleurs. Tu as les avantages des deux types de relation tu ne pourras pas te lasser du célibat puisque je pallie à ce qui devrait te manquer. Je me tire une balle dans le pied à chaque heure passer avec toi. Quel intérêt aurais – tu à vouloir arrêter ça ? Tu y gagnes sur tous les tableaux…

Peut – être que j’attends pour rien, peut être qu’on se fait du mal pour rien, peut être qu’on devrait juste niquer à tout va chacun de notre côté et laisser tomber tout ça. Peut – être qu’un jour tu en viendra à regretter de m’avoir dit bonjour. Peut – être que tu regretteras de m’avoir dit oui pour une nuit, puis pour la suivante et pour toutes les suivantes. Peut – être qu’un jour tu en viendras à regretter de m’avoir connu. Peut – être que tu vas me détruire, peut – être que je vais t’empêcher de vivre des choses. Mais peut – être qu’un jour on sera heureux ensemble. Et cette seule hypothèse me fait sourire. Il y a tellement de possibilités… Tant de moyen de se tromper. Voilà pourquoi j’ai peur.

Tant de possibilités et pourtant et pourtant tout ce que je veux, c’est qu’un jour tu me regarde en me disant « c’est toi que je veux ». C’est tout ce que je demande. Je me fous du temps que tu mets à me présenter à ta famille ou même à tes amis, je me fous du fait que t’ai besoin de sentir que tu plais en soirée, je me fou de ne pouvoir venir chez toi pour le moment, je me fous de devoir rester discret et plus ou moins secret vis-à-vis de ta situation. Je me fiche de tes conditions, du temps qu’il te faudra pour telle ou telle étape. Tout ce que je veux c’est toi. Et j’ai envie de croire que ça vaut le coup de t’attendre. J’ai envie de croire qu’un jour toi aussi c’est moi que tu voudras. Parce que cette simple idée me fait du bien. J’ai envie que tu me prennes dans tes bras et que tu me dises que c’est fini, que tout ça c’est du passé et que maintenant il n’y a plus que nous deux.
 
Moi, en espérant un nous.

"I am softly watching you
Oh boy your eyes betray what burns inside you"

mercredi 24 mai 2017

Rien à dire




J'aurais des milliards de choses à dire. Mais je n'ai pas le droit.
J'aurais envie de pleurer. Mais ça ne serait pas fair play.
J'aurais envie que cela se soit passé différemment. Mais c'est pas le cas.
J'espère que cela ne sera pas vain. J'espère que tu feras les bons choix. J'espère que ça t'aidera.
Il me tarde juste de dormir.

"Don't lose who you are,
in the blur of the stars"

samedi 13 mai 2017

Dilemme - Pacte



La vie est faite de choix, tout le monde le sait. L'effet papillon, tout le monde connait. Il y a quelques années, je faisais les choix que je voulais, même quand on me disait non, qu'on me disait que ce n'était pas bien, sérieux ou possible. Il y a quelques années je vivais. Et j'avais tout. Aujourd'hui je suis incapable de choisir. Et le pire c'est que je ne sais même plus ce que je veux... 
Il y a tellement de facteurs qui font qu'un homme prend une décision. Prenez le dilemme du tramway, ou l'expérience de Milgram. Le premier consiste à laisser (de manière fatale) un train foncer sur 5 personnes ou à choisir de le dévier, en engageant donc notre propre responsabilité, sur 1 seule personne. La seconde consiste à étudier le degré de soumission à une autorité (le but étant de forcer le sujet à choisir de délivrer des chocs électriques à un tiers) en fonction de différent facteurs, au sein de plusieurs variantes (le choix des autres sujet, le ton de l'autorité et le degré "d'obligation" de s'y soumettre, l'implication directe ou non du sujet dans l'électrocution, récompense ou répercussions...). Ces expérience et leur résultat sont intéressants. Fascinant même. Mais ce que personne n'est capable de dire, c'est qu'est ce qu'il se passe dans la tête des gens au moment de trancher. Ce moment de la prise de décision, de la prise de position. Il semble logique de privilégier la vie de 5 personnes au détriment d'une seule, de même qu'il semble inhumain d'infliger des décharges à un être humain pour n'importe quelle raison que ce soit.  Mais en fait c'est bien plus compliqué que ça. Il y a des milliers de facteurs entrant en jeu. On cherche toujours à avoir le maximum d'informations, le plus de facteurs pour avoir une décision jugé là plus juste. Mais la justice de l'un ne sera pas la même que celle d'un autre. Alors qu'est qui fonde notre choix ? Notre passé ? Notre expérience ? Mais alors les tous premiers choix que l'ont fait de quoi naissent - t - il. J'essaie toujours d'avoir la vision la plus globale des choses, le maximum de tenant et d'aboutissant, les différents scénarios à l'issue, j'ai besoin de toujours tout comprendre pour avancer. Ce que beaucoup appelle "se prendre la tête pour rien". Peut - être. 

* * * * *

Pourquoi fais tu tout ça ? Pour qui le fait tu ? Quelles en sont vraiment les motivations ? Est tu en train de te sauver ou de vendre ton âme en plus de la seule chose qui te restait ? Es - tu en train de t'accrocher à la bouée qui je permettra de ne pas te noyer ? ou bien t'attaches - tu un encre au pied droit, un boulet au pied gauche ? 

Je ne n'arrive pas à différencier ce que je veux de ce qui est le mieux pour moi.
Je n'arrive pas à savoir si je le fais pour mon bien ou si je me tire une balle dans le pied. 
Je sais pas si je serais fier de m'en être sorti ou si je me sentirais pitoyable de m'en être privé.

Je ne sais pas ce que je dois faire. J'ai peur. Comme d'habitude, comme depuis les dernières années, comme depuis les derniers mois et d'autant plus comme les dernières semaines. Le sentiment qui grandit le plus en mois c'est la peur. La peur de me tromper, de sombrer. La peur d'oublier comment nager. La peur d'oublier comment vivre. 



"Je fais un pas en avant, deux pas en arrière".

lundi 24 avril 2017

Et si la roue n'en été pas une ?

Vous m'avez étonné.


Je me suis toujours demandé s'il exister un certain équilibre. Pas forcément une force supérieure qui s'engage à ce que chacun reçoive autant de bien que de moins bien, plutôt en terme de statistique. Statistiquement on a une chance sur deux pour que quelque chose de bien ou de mauvais nous arrive à chaque moment de notre vie. Statistiquement, sur le nombre infini de chose qu'il nous arrive par jour, il est impossible que le tirage BON ou PAS BON soit le même à chaque fois, c'est du hasard. Sauf que le fin statisticien que je suis sait que ce genre de tirage au sors est réparti très précisément en cloche. Il y aura donc une majorité de genre au milieu, avec autant de bon que de pas bon, et plus on se rapproche du côté 100% bon ou 100% pas bon, plus les effectifs seront réduits. Pour une illustration plus simple, imaginons deux jetons de couleur, l'un bleu, l'autre rouge. supposons que l'on tire au sort un jeton deux fois de suite. On pourrait avoir : bleu puis rouge, bleu puis bleu, rouge puis rouge ou rouge puis bleu. On a donc 50% de chance d'en avoir un de chaque alors qu'on a que 25% de chances d'en avoir 2 rouges ou deux bleus. Remplacez le rouge par ce qui nous arrive de bon, le bleu par ce qui nous arrive de mauvais, remplaçons les deux tirages par les milliard de choses qui nous arrivent tous les jours et vous voyez ce que ça donne. Tirez toujours le bon numéro c'est quasiment impossible, de même que le bon. C'est ce que les gens traduisent par "la roue tourne" ou "les choses s'équilibre". Non en fait on a juste besoin d'attendre que le grand manitou (ou le destin plutôt, ça fait moins superstitieux) tire un jeton de l'autre couleur. Mais franchement, moi, je trouve que ça fait un moment qu'il tire la mauvaise couleur. C'est aisé de croire que le monde et la vie son régis par des statistiques, ça se comprend les statistique, ça se touche, ça donne de l'espoir quelque part. Mais la question qui se pose c'est quel est la part de l'humain dans le tirage, quelle implication ou influence (si tant est que l'on en ait une) avant nous sur le tirage ? Pouvons nous par nos faits et idées influencer le tirage ? Je ne sais pas. Je pense que je l'ai eu cru à un moment. Je pense que je ne crois plus en grand chose à ce moment même. 
A l'opposé, ma théorie des vase communiquant supposait un taux de bon et de mauvais constant simplement réparti différemment selon nos (ou du moins mes) propre(s) choix. Pourtant, si j'avais à un moment l'impression de pouvoir choisir quel vase je remplissais davantage au détriment d'un autre, actuellement j'ai l'impression de m'acharner un vas qui fuit. Ce vase qui fuit pompe toute l'eau des autres vases. Ils sont vides. J'essaie de les remplir avec d'autres choses, je n'ai plus assez d'eau alors j'y mets tout ce que je peux pour compenser, mais ce n'est pas pareil, ça marche un temps puis ça arrête de fonctionner alors j'en mets encore plus, puis de tout et n'importe quoi, ça part en vrille total. A tel point que certains de ces vases ont même on était brisés en route, et ne seront certainement plus jamais utilisable. On pourrait essayer de les recoller, mais ils ne seront plus jamais pareil. Il garderont toujours cette affreuse cicatrice en plein milieu de la figure qui nous rappellera en permanence que nous avons perdu. Alors que choisir ? La cicatrice affreuse nous rappelant notre échec tous les jours ? Ou vaut - il mieux renoncer, jeter les morceaux et espérer oublier ? 
Quoiqu'il soit pour l'instant, je ne tire que des mauvais jetons et remplis un vase qui fuit. Espérons que la roue tourne. 

"Nous sommes des animaux particulièrement égoïstes 
qui se débattent sur la terre et comme nous avons un cerveau 
on fait tout ce qu'on peut pour a l'occasion aspirer à autre chose 
et échapper à cet enfer"

mardi 18 avril 2017

Quinze


A écouter en boucle.


Il y a souvent un sens à chaque mots dans ce que j'écris ici. Souvent, il y a des choses cachés, des choses assez invisible si on ne sais pas vraiment de quoi il est question. Mais pendant les 2870 jours, j'arrivais à parlais librement. De manière camouflée et souvent incompréhensible mais je parlais. Là j'ai l'impression que j'en arrive au point où je n'ose même plus écrire, je m'auto censure.

Souvent écrire me faisait du bien, me soulager pour quelques jours où du moins quelques heures. J'ai l'impression que c'est de plus en plus inutile. Un peu comme tout le reste en fait. J'ai l'impression que cela fait 5 ans que je m'attelle à détruire tout ce que j'avais construit. C'est un peu extrême peut être, il y a eu des choses positives ces 5 ans. Mais en comparant point par point un week end comme celui là et un week end il y a 5 ans, je me dis que je me suis perdu en route.

J'avais accepté le marché, j'avais accepté de tout mettre de côté, j'avais simplement garder 2 petites heures à moi. Et je m'étais promis de tenir. Bien sûr en éternel insatisfait que je suis j'ai essayé de garder le reste aussi, mais je me suis vite rendu compte que ça ne marchait pas, alors j'ai capitulé, et j'ai effacé tout le reste, tout ce qui fait qu'à présent "le malheur des autres ne m'atteint pas", ni rien d'autre d'ailleurs. Je pense qu'inconsciemment j'ai fait le choix de tout occulter, parce que sinon, c'était pas possible. Alors apparement d'un point côté ça a été plutôt efficace, mais je ne savais pas que ce que ça ferait de moi ... A cette époque là, j'ai blindé tous les aspects de ma vie source de perte de temps et de manque de concentration. Tout sur ces deux heures. Peu après, j'ai découvert un autre moyen de profiter de la vie, un autre échappatoire, qui fait du bien au moral, qui occupe l'esprit, mais qui le fait aussi souffler. Quel que soit la forme que prenait celui ci, les 2h ont perduré, je me l'étais promis.

Finalement, j'ai échoué. Et je crois que c'est là que tout a empiré. Je filais déjà du mauvais coton, mais ça passait. Je crois que ça a été le coup de grâce, ce coup à l'arrière des genoux quand on ne tient pas debout, ce poing dans la face marquant la fin d'un combat de boxe. Depuis, je patauge. Je patauge dans un univers que je ne comprends plus. Je n'ai plus de repère, il ne me restait pas grand chose d'intact, j'avais tout sacrifié, plus ou moins, mais tout avait souffert. Là, j'avais plus rien. Je me suis demandé ce qu'on pouvait perdre quand on avait plus rien, quand on ne contrôlait plus rien. Je crois qu'en fait, on se perd soit-même.

Ma mère m'a souvent dit qu'elle avait peur quand je sortait "parce que j'ai vu un reportage à la télé qui disait que ce sont dans les cursus avec le plus de pression que les déboires sont les pire, justement parce qu'il faut éliminer toute cette pression". Alala, ma petite maman, je t'aime. Mais quelque part je pense qu'elle (ou France5 peut importe) a raison. Moi j'avais de quoi évacuer, puis encore une fois, les exutoires ont pris un virage assez brutal ces derniers temps. Et je ne sais que penser du résultat. Peut être que je réfléchis trop. Peut être que tout est raison de prise de tête chez moi, peut être. Mais quand on arrive à penser oui et non en même temps, je me dit que ça mérite quand même réflection. Je pense qu'il doit y avoir une hiérarchie dans les arguments et qu'il existe donc forcément une réponse, une solution à tout, un équilibre. Du moins j'ai envie d'y croire, parce que sinon, je suis dans la merde. Le problème, c'est que même s'il existe, je ne le trouve pas. Je me dis qu'il y a forcément un moyen d'être heureux, et ça peut paraitre étrange de me voir écrire ça, mais c'est justement parce que je prie pour qu'il y ait une solution que je me démène à la trouver et qu'à chaque désillusion je sombre.

J'ai rapidement compris que souvent il fallait toucher le fond pour pouvoir remonter. Ca souvent été vrai pour moi, dans plein de domaines, dans pleins de circonstances. Penser que ma vie n'as plus de sens après une soirée non reconduite en charmante compagnie c'est démesurée, mais deux jours après c'est passé. Certains auraient peu être eu un petit coup de blues quelques semaines, moi je dramatise, je touche le fond et je remonte plus vite. C'est comme ça que j'ai appris à fonctionner. Là j'ai l'impression que depuis des mois je me me force à garder la tête hors de l'eau (il va sans dire qu'actuellement je suis plus souvent en apnée qu'autre chose, mais bon) et le pire, c'est que les vents changent mais ne s'arrêtent pas pour autant. Je me suis demandé ce que ça ferait d'arrêter de réfléchir, de se battre et de toucher le fond. Alors ces derniers jours, je me suis laissé couler. La chute a été très longue. Et le pire, c'est que je n'ai pas trouvé le fond. Je ne sais même pas si j'aurais assez d'air pour remonter, je vous dirais ça dans la semaine, mais j'espère, je ne veux surtout pas mourir noyé là où j'ai plongé cette fois.

Je garde cette impression malsaine que rien n'a de sens, rien n'a d'importance, je suis une route sans que la destination n'ait une importance, ni la destination, ni les paysages, la manière dont j'y vais. J'ai l'impression que tout est illusion, que plus rien n'arrive à me donner le gout du plaisir. Je vis d'illusion et d'auto-persuasion. J'ai l'impression quoique je fasse (souvent dans l'excès je l'accorde, mais j'ai abord essayé la modération, ça ne marchait pas non plus) le résultat abouti toujours à une petite bactérie silencieuse qui me ronge juste assez lentement pour que ça passe presque inaperçu. Je ne saurais dire quand ça a commencé ni jusqu'où ça va allait. Mais là depuis plusieurs articles déjà, je le dis et le redis, j'ai peur. J'ai rarement eu peur de moi, peur de voir ce qu'il pouvait y avoir en moi, peur de ce que je pouvais devenir. Là c'est le cas. Peut être que je me plains pour rien. Peut-être, surement. Mais quelque chose ne va pas, le sens. Je pense que je ne suis pas aussi fort que je le pensais, et cette fois, je crois pas que j'y arriverais seul. Mais je ne vois pas comment enlever l'arrière goût de cendres que j'ai dans la bouche à longueur de journée. J'ai la bouche sèche. Et je suis épuisé.

Courrier dicté en présence du patient, non relu

"We take all kinds of drugs
it's our way to pretend
that we enjoy the life we've got
sometimes it hurts to pray
to god and other saints"